Conduire en tongs cet été : les risques d’amendes malgré l’absence d’interdiction explicite

Conduire en tongs cet été : les risques d’amendes malgré l’absence d’interdiction explicite

L’été, la chaleur, les vacances. La tentation est grande de glisser ses pieds dans une paire de tongs avant de prendre le volant. Cette habitude, pourtant répandue, peut coûter cher. Entre risques d’amendes, immobilisation du véhicule et refus d’indemnisation par l’assurance, mieux vaut savoir ce que dit vraiment le code de la route.

Conduire en tongs : ce que dit le code de la route

Est-ce interdit ? La réponse est non. Aucun texte ne mentionne explicitement les tongs. Mais l’absence d’interdiction ne signifie pas pour autant que tout est permis. L’article R412-6 du code de la route est clair : « tout conducteur doit se tenir constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent ».

C’est ce que les juristes appellent une infraction obstacle. Concrètement, un agent de police ou un gendarme peut estimer que des tongs empêchent de maîtriser le véhicule. Dans ce cas, il peut verbaliser. L’amende est de 35 euros, réduite à 22 euros en cas de paiement rapide.

Des vêtements inadaptés peuvent être sanctionnés

La loi ne fixe aucune règle vestimentaire pour conduire. Short, robe, chapeau : tout est permis. Mais dès lors que la tenue gêne les mouvements, l’article R412-6 s’applique. Les tongs, claquettes et sandales à lanières font partie des vêtements inadaptés les plus souvent relevés en été. Le risque est de coincer sa chaussure sous la pédale de frein ou d’accélérateur.

Un avocat spécialisé en droit routier, interrogé par Ouest-France, rappelait qu’aucun policier ne demande à un automobiliste de montrer ses pieds. Le contrôle se fait sur la conduite. La conduite dangereuse est évaluée par les forces de l’ordre, selon leur appréciation de la situation.

Les risques d’amendes et d’immobilisation lors d’un contrôle

Julien, conducteur depuis cinq ans, l’a appris à ses dépens. Parti en tongs pour un trajet de vingt minutes, il a été arrêté à un barrage. L’agent a estimé que sa tenue était inadaptée. Il a écopé d’une contravention de deuxième classe. Mais ce n’est pas tout. En l’absence de chaussures de rechange, son véhicule a été immobilisé sur place.

  • 🚨 Contravention de 35 € pour des vêtements inadaptés
  • 🚗 Immobilisation du véhicule si aucune chaussure fermée n’est disponible
  • ⚖️ Poursuites pour mise en danger d’autrui en cas d’accident
  • 💰 Refus d’indemnisation par l’assurance si le conducteur est responsable

La contestation de l’amende est possible, à condition de ne pas la payer immédiatement. Mais cela demande du temps et des démarches. Une paire de baskets laissée à bord suffit à éviter la majoration de l’amende, portée à 75 euros en cas de retard.

Conduite dangereuse et poursuites judiciaires

Un conducteur qui cause un accident en portant des tongs s’expose à des poursuites. Un exemple s'est produit dans l’Oise. Un automobiliste a terminé sa course dans un fossé. Présenté au tribunal pour défaut de maîtrise, il a été poursuivi pour mise en danger d’autrui parce qu’il conduisait en tongs. La sanction peut aller bien au-delà de l’amende.

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L’assurance entre aussi en jeu. Si le conducteur responsable porte des tongs, l’assureur peut refuser de l'indemniser. Même avec un contrat tous risques. Les dommages subis par le véhicule restent alors à sa charge. Ceux des tiers peuvent l’être aussi, dans certaines situations. C’est un risque financier souvent ignoré.

Ce qui est interdit à l’étranger : l’exemple espagnol

En Espagne, conduire en tongs ou pieds nus est formellement interdit. L’amende atteint 200 euros. L’Italie, l’Allemagne et la Suisse appliquent des règles similaires. En France, le vide juridique laisse place à l’appréciation des forces de l’ordre. Une disparité qui surprend les vacanciers habitués aux routes françaises.

Cette différence s’explique par une vision plus stricte de la sécurité routière. La maîtrise du véhicule est considérée comme un impératif absolu. Les tongs réduisent la précision des mouvements. C’est aussi le cas des chaussures à talons, pourtant portées sur les trajets domicile-travail.

Les bons réflexes pour conduire en été

Le plus simple reste d’adopter des chaussures fermées. Une paire de baskets légères ne gêne ni la pédale ni le freinage. Les sandales à l’arrière sont acceptables, si elles tiennent bien le pied. La conduite responsable commence par ce genre de détails.

  • 👟 Garder une paire de chaussures fermées à bord du véhicule
  • ❌ Éviter les tongs, claquettes et talons hauts au volant
  • ☀️ Privilégier des chaussures respirantes mais maintenues
  • 🅿️ Faire une pause si la chaleur rend les pieds douloureux

Que faire en cas de contrôle ?

Si un agent vous arrête en tongs, montrez-vous coopératif. Expliquez que des chaussures adaptées sont à bord. Si ce n’est pas le cas, demandez à un proche de vous rejoindre avec une seconde paire. L’immobilisation n’est pas systématique. Elle reste possible. Voyager avec une solution de remplacement évite les mauvaises surprises.

Route des vacances : gare aux PV piégeux

En 2026, aucun changement réglementaire n’a clarifié le statut des tongs au volant. Le flou persiste. Les forces de l’ordre gardent leur pouvoir d’appréciation. Les tribunaux tranchent au cas par cas. Une chose est sûre : la prévention vaut mieux que la sanction.

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